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Dixième Forum énergie pour l’Afrique - Hambourg, 25 et 26 avril 2016

Dixième Forum énergie pour l’Afrique

Hambourg, 25 et 26 avril 2016

 

Le Forum Énergie pour l’Afrique est organisé tous les ans par l’Afrika Verein (Association Afrique de l’industrie allemande). Le dixième Forum, qui a eu lieu à Hambourg les 25 et 26 avril 2016, a réuni de nombreuses entreprises actives dans le secteur de l’énergie, des représentants de plusieurs pays africains, de la coopération allemande et d’agences internationales de développement. Il a fait état des développements dans le secteur de l’énergie renouvelable, du rôle d’entreprises innovantes et des défis posés aux politiques de coopération visant à soutenir l’investissement.

Le potentiel des énergies renouvelables en Afrique

A présent, les deux tiers de la population de l’Afrique n’ont toujours pas accès à l’électricité. La situation est dramatique dans les zones rurales qui ne sont pas connectées aux réseaux et des investissements massifs sont nécessaires, non seulement pour assurer la production mais également pour faire fonctionner les systèmes de transmission et de distribution. Pour la totalité des pays concernés, les énergies renouvelables (solaire, vent, géothermie, biomasse) offrent des avantages considérables. La technologie dans ce domaine a beaucoup avancé ces dernières années et les coûts de production ont baissé jusqu’à rendre les énergies renouvelables compétitives par rapport aux énergies conventionnelles.

Lors de la conférence climatique de Paris (décembre 2015), des engagements ont été pris par la quasi-totalité de pays d’Afrique pour réduire la part de consommation d’énergies fossiles, en favorisant le développement d’énergies renouvelables. Ces dernières apportent de grands avantages au développement, favorisant l’innovation, le fonctionnement de chaînes de production comprenant de petites et moyennes entreprises locales, et l’accès de communautés locales à l’électricité.

Pour le développement de leurs moyens de production et de distribution d’énergie, les pays africains peuvent bénéficier de l’expérience des pays industrialisés, que ces derniers ont pu acquérir dans leurs efforts de transition énergétique. Dans ce domaine, l’exemple de l’Allemagne, caractérisée par la sortie du nucléaire, est particulièrement intéressant. Dans ce pays, la part des énergies renouvelables de toutes sources s’élève à présent à 33% et continuera à progresser rapidement. Ces développements ont donné lieu à innovation, notamment de la part de petits opérateurs et à la multiplication d’initiatives décentralisées au niveau de collectivités locales. En même temps, de nouveaux mécanismes financiers comme le crowd investment et le leasing ont pu se développer. Le cadre réglementaire a évolué suite aux différentes lois sur la transition énergétique. Des programmes massifs d’économies d’énergie ont bénéficié d’incitations fiscales et financières. L’innovation technologique a progressé, notamment dans le domaine des centrales solaires et du stockage de l’énergie.

Il existe déjà un nombre croissant de projets pilotes en Afrique dans lesquels des entreprises allemandes se sont engagées : on citera les centrales solaires au Maroc, les stations d’éoliennes du Lac Turkana au Kenya, et des opérations de production et de distribution en Tanzanie et au Ruanda. De leur côté, de nombreux pays africains ont investi dans ce secteur, notamment en ce qui concerne l’expansion des lignes de transmission et l’électrification des zones rurales. Par exemple, l’Éthiopie qui dépend à plus de 90% des centrales hydrologiques, cherche à diversifier ses sources de production pour se rendre moins vulnérable aux situations de sécheresse. Des programmes de diversification par les énergies renouvelables ont aussi été présentés par Madagascar, le Nigéria, le Ruanda et la Namibie.

Les défis

Selon des études récentes, de grands efforts d’investissement s’imposent dans les domaines suivants :

-- la technologie de la production ;

-- les systèmes de transmission (power grids) ;

-- la diversification des sources d’énergie et la modernisation des systèmes de gestion.

La modernisation du cadre législatif et réglementaire est impérative pour encourager la production décentralisée d’énergies renouvelables au bénéfice des consommateurs et des collectivités locales.

De grands problèmes persistent au niveau du financement car l’investissement public est très insuffisant pour pouvoir couvrir les coûts de l’infrastructure énergétique. L’effort du secteur privé par l’investissement et le développement de partenariats public/privés seront cruciaux. Tout en encourageant l’investissement étranger dans le secteur, les pays africains tiennent à en faire bénéficier les partenariats locaux et à donner une plus grande place au contenu local des installations.

Plusieurs intervenants ont fait état de besoins de systèmes d’intégration régionale pour la transmission et la distribution de l’énergie. En particulier, des projets d’interconnections régionales Cameroun-Tchad-Nigéria et Namibie-Zambie-Afrique du Sud ont été mentionnés.

Initiatives

Plusieurs initiatives innovantes ont été présentées par des entreprises engagées dans le développement d’énergies renouvelables en Afrique :

-- le développement de nouveaux réseaux de transmission (grids) accessibles à toutes les sources de production et assurant la connexion de zones rurales ;

-- le développement de systèmes de leasing et de franchisage pour l’installation de centrales solaires ;

-- l’utilisation de l’énergie renouvelable pour la production agricole et agroalimentaire.

Pour ce qui est de la finance, il a été proposé d’assouplir les conditions appliquées par les agences d’assurance de crédit à l’exportation, de créer des institutions financières intermédiaires pour mutualiser les risques et abaisser les coûts des transactions, enfin de faciliter l’action des fonds de capital-risque.

Les institutions de la coopération en Allemagne (GIZ, DEG/KfW) ont lancé plusieurs initiatives pour apporter des fonds et garanties aux opérateurs d’énergies renouvelables en Afrique. Le programme de la GIZ prévoit des mesures de soutien au développement de capacités institutionnelles et commerciales et le Gouvernement allemand a mis à la disposition de la Banque Africaine de Développement un fonds de 3 milliards de dollars US pour le développement d’énergies renouvelables en Afrique (African Renewable Energy Initiative).

Rainer GEIGER 

Directeur international du CID

 

 

 


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